Je suis un amateur de hockey avant tout, mais aussi un grand amateur de football européen (nous diront « soccer » pour faciliter les choses…). Et dans toutes ces rumeurs (ou rêves) à propos du retour de la Ligue National de Hockey dans la belle ville de Québec, il est intéressant de regarder ce que des petits marchés ont réussi à faire dans d’autres sports.
Le FC de Séville (Espagne) est une équipe de soccer plus que respectable. Elle a connue sa part d’ennui financier (au point de gratter les fonds de tiroir pour se payer des ballons pour l’entrainement…), mais a su se redresser et connait depuis plusieurs années des moments glorieux. Pataugeant dans les eaux de surface de la première division espagnole, ce club centenaire (fondé en 1905) a vu son rôle au sein de la communauté prendre un tout autre sens (l’inverse est aussi vrai – le rôle de la communauté envers le club) lorsqu’il fut décidé de vendre des actions directement aux fans. Ainsi, le peuple peut maintenant se vanter d’avoir « son » équipe.
Fait à souligner, le club de Séville fait un effort soutenu pour avoir dans son alignement des joueurs d’origine Espagnole, plus précisément d’Andalousie. Et ceux-ci, fiers de jouer pour leur club local, acceptent d’y jouer pour un salaire moindre que ce que les riches clubs du monde entier peuvent leur offrir.
De plus, le président de l’équipe est élu démocratiquement par les actionnaires… Intéressant, non? Imaginez un instant un Président qui mène le club à sa manière, envers et contre tous… Allez hop, il est balayé lors des élections suivantes (pour son poste) et un nouveau Président fait son entrée. Il a tout intérêt à écouter son public, si vous voulez mon avis.
Alors serait-il envisageable, voire souhaitable que Québec se dote d’une équipe selon ce modèle, c'est-à-dire que la population puisse influencer les décisions du club parce qu’il en est (en partie plus ou moins importante) propriétaire? La structure est intéressante. Et si en plus l’équipe se dotait d’une politique d’embauche stricte, comme par exemple, si l’équipe était obligée d’aligner au moins 10 joueurs québécois? Je crois que de tels règlements devraient bien sûr être votés par les actionnaires (le peuple!), mais connaissant l’engouement du public pour les joueurs francophones à Montréal (tous de second ordre, est-il besoin de le rappeler…), il est fort probable que cette motion soit acceptée. Et oui, probablement qu’on aurait une équipe qui en arrache pendant ses premières années, mais imaginez si l’équipe fait les séries? Imaginez l’attachement du public à une telle organisation! Et imaginez la fierté d’un joueur québécois qui joue à Québec!
Je trouve l’idée intéressante, c’est tout. Et nous sommes loin d’évoquer un retour de la LNH à Québec, alors pour ce qui est de réglementer l’origine des joueurs, c’est de la pure fiction. Mais l’idée vaut la peine de s’y arrêter, d’y rêver un peu… Une équipe menée par le peuple, payée par le peuple, composée de joueurs issus du peuple… Moi j’embarque.